TOUS CHEMINOTS

TOUS CHEMINOTS !

En 10 ans, le nombre de cheminots contractuels a triplé. En 2025, les contractuels représentent 30 % des agents SNCF.

La fin de l’embauche des cheminots au statut au 1er janvier 2020 a programmé l’extinction progressive des « statutaires ». Cette mesure a accéléré de manière vertigineuse le rééquilibrage statutaires/contractuels : chaque année depuis 2020, ce sont en moyenne 5 à 6 000 nouveaux cheminots qui viennent grossir le nombre de contractuels.

Dans le même temps, le nombre de statutaires diminue chaque année d’environ 3 000 retraités.

À ce rythme, ce qui était la norme ne le sera bientôt plus : en 2030, le corps social cheminot serait composé à parts égales de statutaires et de contractuels. Mais ce serait sans compter sur l’accélération du volume de départs en retraite des salariés du cadre permanent.

Entrer à la SNCF en tant que contractuel, c’est intégrer une grande entreprise avec ses règles, ses codes et ses spécificités. Contrairement aux statutaires, votre contrat relève du droit commun et de la convention collective ferroviaire. Cela signifie que votre parcours, votre rémunération et votre évolution reposent sur un ensemble de règles moins visibles, mais bien réelles.

Dès le départ, votre positionnement dépend de votre poste, de votre classe et de votre expérience. Ce positionnement est essentiel, car il va structurer votre salaire, mais aussi vos perspectives d’évolution. Beaucoup d’agents découvrent progressivement ce fonctionnement, alors qu’il conditionne pourtant leur trajectoire dès l’embauche.

Deux agents recrutés sur un même poste peuvent avoir des salaires différents. Cela dépend de l’expérience reconnue à l’embauche, de la négociation et du niveau de poste. Un agent peut mettre plusieurs années à rattraper cet écart, car les augmentations ne compensent pas toujours le décalage initial.

Dès le départ, il est donc essentiel de comprendre sur quelle base vous êtes positionné.

Longtemps définis comme des… non-statutaires, les contractuels, dans les faits et en vertu des anciennes dispositions du GRH00254 et des accords négociés dans l’entreprise et dans la branche, partagent avec les cheminotes et cheminots statutaires les mêmes droits sur bon nombre d’éléments structurants de la vie au travail et en dehors :

  • L’organisation du temps de travail est identique, garantie par l’accord de branche et l’accord d’entreprise : droit aux repos, seuils et taquets, durée et régime de travail

  • À de très rares exceptions près, le droit réglementaire (les principaux « GRH ») s’applique également pour tous : droit aux congés réglementaires et supplémentaires, formation, reconnaissance de diplômes, facilités de circulation, droit syndical, indemnités de sujétion et éléments variables de solde (EVS)

  • Enfin, les accords négociés (ou « quasi-accords » se transformant en décision unilatérale de l’employeur – DUE) s’appliquent à tous : éligibilité aux revalorisations annuelles, forfait mobilités durables, garanties disciplinaires, mesures en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés, intéressement, aide au logement, accès à l’action sociale, accès au temps partiel, au compte épargne temps (CET)

Si l’on excepte le régime spécial, dans sa composante retraite et assurance maladie, élément structurant du cadre permanent, ce sont les notations et la structure de la rémunération (prime de travail, indemnité de résidence (IR), prime de fin d’année (PFA)…) qui différencient le plus ces deux populations.